Quelques mots sur Cuba

C’est assise à l’aéroport que je commence à poser quelques mots sur mon ressenti sur Cuba. Après trois semaines à parcourir le pays, je suis prête à rentrer à la maison. Mais une partie de moi restera à Cuba. Il y a de ces voyages qui vous changent. Celui-ci en fait partie. Durant ce voyage, j’ai découvert un pays, une culture et des personnes qui m’ont fait revoir mon point de vue sur le monde et sur moi-même.

Le rythme de la vie à la cubaine

Cuba vit à son propre rythme. Un rythme qui pour moi était vraiment déstabilisant en arrivant. Malgré cette façon de vivre totalement différente de nous, européens constamment sous stress, on s’y fait vite, trop vite. J’ai eu beaucoup de mal à reprendre ma vie « normale » et son métro, boulot, dodo. Encore aujourd’hui je n’ai pas encore réussi à reprendre totalement le rythme que j’avais avant mon voyage, et cela fait déjà un mois que je suis rentrée.

Après quelques jours passé à Cuba, ma notion du temps a changé. Il y a quelque chose à Cuba qui vous (ré)apprend à profiter de l’instant présent, à oublier de toujours regarder sa montre, à ne pas se précipiter et à accepter que tout n’est pas gravé dans la pierre et qu’un programme peut changer.  Je dois dire que tout ça n’a pas été facile pour moi au début. J’ai trop tendance à vouloir tout faire, tout voir et j’ai de la peine avec les changements de dernières minutes.

Ici j’ai vécu au rythme de la journée. Je me suis laissée porter, naturellement sans trop me stresser, par le rythme cubain. Je ne sais pas pourquoi, mais les journées m’ont paru plus longues, comme si le temps essayait de viser l’infini.

Le temps qui s’arrête, c’est un peu l’impression que j’ai eu en visitant la Havane, et ce malgré les rénovations de différents bâtiments qui vont bon train.

Un pied à peine sorti de ma casa à la Havane et je suis prise dans le tourbillon des veilles voitures américaines qui bourdonnent dans les rues et suis entourée de bâtiments coloniaux. Me voilà de retour dans les années 50.

Une vie sans mur

À Cuba la vie se passe dans les rues. La vie cubaine est dépourvue de mur. Les maisons sont toutes ouvertes. De dedans ou de dehors on entend tout le monde, on sait toujours ce qu’il se passe. Être assis sur son perron à observer la rue semble être l’activité principale des cubains. Les gens sont toujours dehors à discuter entre eux, écouter de la musique, danser ou encore jouer aux dominos.


Je me baladais les yeux grands écarquillés, à absorber cette vie cubaine qui m’intriguait tant.

Ici les gens n’ont pas grand chose, ils ne sont cependant pas pauvres car ils ont le nécessaire pour vivre. La vie cubaine repose sur un mode de vie simple. Les Cubains sont toujours ouverts à la discussion et arborent de grands sourires. Malgré leurs sourires, les danses et la musique, j’ai quand même ressenti que ce peuple n’avait pas eu la vie facile et que quelque chose de triste était comme inscrit en eux. C’est un ressenti assez difficile à expliquer, mais c’était comme si ils étaient marqués au plus profond d’eux-mêmes.

Un changement de vision

Une rencontre m’a particulièrement marquée. Celle de Betta, une grand-mère rencontrée à Trinidad. Je me baladais lors d’un cours de photo de rue (je vous en parlerai tout bientôt sur le blog) et j’ai pris Betta en photo avec son petit fils. Quelques jours plus tard, je me promenais dans les rues de Trinidad, pour profiter de la belle luminosité de fin de journée et je suis retombée sur Betta. Elle m’a demandé si j’avais du savon ou quelque chose pour ses petits enfants à lui donner. Malheureusement je n’avais rien sur moi, mais je lui ai promis de revenir le lendemain.

Le lendemain matin je retrouve Betta devant chez elle. Elle est toute surprise que je sois vraiment venue. Je lui donne du savon, des stylos, crayons de couleur ainsi que deux livres de coloriage pour ses petits enfants. Elle est très émotionnée. Je distribue le reste de mes savons et de mes stylos à ses voisins. Tout le monde est vraiment très reconnaissant. Pour moi ce n’était vraiment pas grand chose. Betta me demande quelque chose en espagnol que j’ai de la peine à comprendre. Après quelques minutes j’interprète qu’elle me demande si je peux lui donner le sachet en plastique qui contenait les savons. Je lui donne le sachet. Elle me sert dans ses bras toute émue et m’embrasse sur la joue. Cette rencontre m’a vraiment touchée.

Remise en question

En Suisse, nous avons tout ce qu’il nous faut, sans nous poser de question. Nous croulons sous le savon, les sacs en plastique et ne nous rendons pas compte que ces petites choses qui font partie de notre quotidien et auxquelles nous ne prêtons plus attention suffisent à faire le bonheur d’autres personnes.

Les cubains sont tous un peu plombiers ou bien mécanos. Ils sont devenus les rois de la débrouillardise. Il est par exemple difficile de trouver des pièces pour réparer les voitures. Les cubains les fabriquent eux-mêmes d’après l’ancienne pièce. Même en ayant conscience de la situation à Cuba, on ne s’en rend vraiment compte qu’une seule fois que l’on a cette vérité devant les yeux. Les cubains sont encore tous rationnés et utilisent la Libreta (le carnet de rationnement) pour aller chercher les produits dont ils ont le droit chaque mois en une quantité bien précise et très contrôlée. J’ai été choquée d’entrer dans des « supermarchés » et d’avoir une impression de rayons vides à la vue du choix très restreints des produits.

Conclusion

En conclusion, après ce voyage j’ai envie de profiter à fond de ce que la vie me donne. D’apprécier chaque instant avec les personnes à qui je tiens comme si c’était les derniers. De moins me prendre la tête pour des choses futiles et de prendre plus soin des choses simples qui me font plaisir et dont j’ai tellement pris l’habitude que je n’y prête pas l’attention nécessaire.

Encore aujourd’hui je ressens ce rythme cubain qui me donne envie de croquer la vie à pleines dents.

As-tu toi aussi fait un voyage qui t’a donné envie de changer ta façon de vivre et de voir les choses? Je suis curieuse de le savoir ! Laisse un commentaire en bas de cet article pour me raconter ton histoire.

Mon voyage à Cuba

Retrouvez tous les articles à propos de mon voyage à Cuba ici.

  • amelie LAROUX

    Cette vision du temps bouleversé, je l’ai rencontré en Guadeloupe, c’est d’ailleurs l’une des marques de fabrique des Caraïbes de vivre à la cool. Et finalement, de profiter de chaque instant. Difficile aussi pour ma part de se prendre à ce rythme quand dans nos vies nous sommes en constant mouvement. En tout cas, c’est sympa un article plus « immersif » sur Cuba et pas simplement un autre guide pratico-pratique ! :)

    • Il faut définitivement que nous nous inspirons plus de cette façon de vivre. On est trop stressé, pressé tout le temps pour tout et au final on passe à côté de beaucoup de choses et de moments. Je ne connais pas du tout la Guadeloupe mais pour revivre ce que j’ai ressenti à Cuba j’irais bien découvrir cette île :)

  • Le slow travel à Cuba, ça donne envie de se laisser aller et de, pour une fois, ne rien prévoir ! Ça fait un peu mal au coeur de lire que les cubains sont encore rationnés et qu’un simple savon est beaucoup pour eux. Si nous avons l’occasion de nous y rendre nous saurons quoi apporter en cadeau aux personnes qui nous logerons. Est-ce que c’est facile de se loger en casa ? Doit-on préparer ou on trouver facilement sur place ?