Chasse aux aurores boréales en Islande

Voir des aurores boréales était l’une des nombreuses raisons de mon voyage en Islande, en plus de rouler au milieu de paysages magnifiques. Mais je n’osais pas vraiment me l’avouer, de peur d’être déçue. Les aurores boréales ne sont pas une science exacte. Ce n’est pas parce que vous allez en Islande en plein hiver que vous allez à coup sûr en voir. Avec les copines qui m’accompagnaient lors de ce road trip on en parlait chaque jour: On y croit! Ce soir c’est la bonne !

1ère tentative

Quelques déceptions et ratés comme lors de notre soirée à Selfoss après notre exploration de la Péninsule de Reykjanes. L’application Aurora Iceland indiquait 3 étoiles sur 5 concernant l’intensité des aurores boréales autour de Selfoss et de Hvolsvöllur.

Ni une ni deux, notre repas terminé on se retrouve dans notre 4X4, plusieurs thermos de thé chaud en stock, prêtes à chasser l’aurore boréale !

On roule, on roule. Mais on déchante vite. La météo est vraiment mauvaise. Il neige à n’en plus pouvoir et les rafales de vent sont violentes. Au loin on aperçoit des étoiles, alors on continue d’avancer en espérant trouver une éclaircie.

Il commence à se faire tard et les éclaircies ne sont plus vraiment là. Après s’être arrêtées quelques minutes sur un petit chemin pour observer le ciel on décide de rebrousser chemin. En évitant de justesse une sortie de route en pleine nuit on retourne à notre cottage pour se reposer.

On n'abandonne pas!

Chaque jour nous espérions que la soirée soit claire… A chaque fois le même rituel, armées de nos applications météo et aurores boréales. Mais le temps n’était pas vraiment de notre côté. Soit les nuits étaient nuageuses, soit nous ne nous trouvions pas du bon côté de l’île.

Les soirées passent et se ressemblent. La fin de notre séjour approche à grand pas et toujours pas la moindre lueur verte à l’horizon. Un peu déçues mais nous ne perdons pas espoir. Pour voir ces célèbres lumières du nord, il faut compter sur beaucoup, trop de paramètres, mais il faut aussi avoir de la chance.

Le soir où le ciel devint vert

Nous sommes le 28 février 2015. Notre avant dernière soirée en Islande, dans un tout petit cottage à Hella à jouer au Uno. On lutte car on n’a qu’une envie: aller se coucher ! Aux alentours de 22h30 on se prépare pour tenter encore une fois d’observer ces célèbres lumières du nord.

Le sol est couvert de glace, mais vraiment complètement couvert. Nous devons marcher avec précaution. Quand PATATRA!! BOUM!!! CRAC!!! AOUCH!!!

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Une de mes amies se retrouve par terre les quatre fers en l’air. Heureusement plus de peur que de mal. Je l’aide à se relever. Quand soudain j’aperçois un petit quelque chose dans le ciel. J’ai l’impression que c’est une hallucination tellement la lueur est faible. Mais non mon amie voit tout comme moi un petit chatoiement vert dans le ciel. Toujours avec précaution, on se précipite vers la voiture où mes deux autres amies participant au voyage nous attendent. Je ne peux pas cacher ma joie et tends mon bras en direction de la lueur verte, complètement excitée. On enclenche le moteur et on part :

À la chasse aux aurores boréales!

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On roule avec pour but de s’éloigner de toutes sources lumineuses, nos visages collés aux vitres de la voiture. On trépigne d’impatience. Excitées comme des puces dès qu’une nouvelle lumière apparait dans le ciel. Quelques minutes plus loin, on s’arrête sur une petite route secondaire. La lumière verte s’est intensifiée. Petit un petit, d’autres lumières apparaissent. On décide de s’éloigner encore plus, on roule en direction de Reykjavik. Nous passons Selfoss et Hveragerði. Juste après ce village, la route monte et tourne pas mal. C’est quelque part au sommet que nous décidons de nous arrêter et de contempler le spectacle.

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Les éclats de couleurs vertes n’ont pas cessé de grandir. Des lueurs oranges, roses et violettes sont même apparues. Je suis comme hypnotisée à regarder ces lumières danser dans le ciel, je ne ressens ni le froid de la nuit, ni la fatigue et je ne vois pas le temps passer. Les lumières faiblissent….Puis ça repart! Ça repart d’encore plus belle! Les lumières sont monstrueuses, gigantesques. On n’arrive pas à observer l’ensemble en un coup d’oeil. Les aurores boréales prennent une autre dimension quand en plus des mouvements horizontaux que l’on observait jusqu’à présent, elles commencent à « tomber du ciel ». Comme une pluie de couleurs. Un instant de magie à l’état pure.

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Un bruit sourd dans la nuit noire

Vers 3h du matin, nous décidons de rentrer, il fait nuit noire, quelques aurores dansent encore au loin et personne sur la route (bon ça on commence à en avoir l’habitude). Quand soudain : BOOM!!!! Un bruit sourd nous fait toutes sursauter. On se regarde, on regarde derrière nous : il n’y a rien sur la route. On s’arrête. Constat : notre pneu arrière gauche est crevé. Et oui, une crevaison en pleine nuit, en Islande, sur la route principale où on ne croise personne.

Bon, quatre filles pour changer une roue, on devrait y arriver quand même! Premier problème ; le cache de la roue de secours est un peu tenace et ne se laisse pas dompter facilement. On tire dessus, à huit mains, rien à faire…bon bein ça commence bien! Rires nerveux…

Soudain, on aperçoit deux ronds de lumière. Une voiture est en approche. On fait des signes avec nos lampes de poche allumées (vive les téléphones portables !).

La voiture s’arrête, à son bord, deux femmes et un homme (youpi), à première vue des islandais. On leur explique notre problème. Ni une ni deux, ils sortent de leur voiture pour nous aider. Apparemment, ils rentraient de soirée, ils étaient sur leur 31, les filles en robes de soirée et l’homme en costard. Ce dernier, était d’ailleurs largement imbibé. Il enlève le cache en moins de deux, positionne le crick. La voiture est soulevée. Il tourne la clé à croix à mains nues, rougies comme brûlée par le froid. Il n’accepte pas nos gants, il ne semble pas sentir le froid avec l’alcool qu’il a bu. Il fait d’ailleurs tomber à plusieurs reprises la clé à croix, mais notre roue est changée ! La galette (roue de secours) n’a sûrement jamais du servir et n’a jamais été contrôlée. On dirait qu’elle date d’il y a 10 ans. Pas de quoi donner confiance!

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On remercie nos sauveteurs avec du bon chocolat suisse, qui se moquent gentiment de nous quand nous prononçons faux le nom de la ville où nous nous rendons. Sans eux nous aurions sûrement réussi quand même à changer notre roue, mais au lieu de nous prendre 15 min, nous aurions très certainement passé une heure, voir plus.

Sur le chemin du retour je suis totalement rêveuse. Observer des aurores boréales en pleine nature islandaise est un de mes plus beaux souvenirs de tous mes voyages confondus. L’émotion et l‘adrénaline ressenties durant cette soirée sont vraiment dures à décrire. Je me suis sentie très privilégiée de voir ces lumières onduler, danser au milieu des étoiles. J’avais l’impression que ce spectacle m’était réservé. Je me suis sentie comme seule au monde, hypnotisée par ces lueurs vertes tombant du ciel comme des météorites.

Informations
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Il est important de savoir que l’intensité des aurores boréales est très variable. Si elles sont fortes, vous les verrez comme la plus part des photos que vous avez pu voir sur le net, de grandes trainées multicolores (mais le plus souvent vertes) qui ondulent dans le ciel noir. Quand les aurores boréales sont faibles, elles ressemblent plutôt à des lueurs ou à de la fumée, c’est le cas pour la première que nous avons vues. Comme par magie leur couleur sera révélée si vous la prenez en photo. Sur la photo ci-dessous, à l’oeil nu je ne voyais pas grand chose, mais une fois capturé par mon appareil photo la lumière est beaucoup plus intense, mais reste tout de même quand même visible à l’oeil nu.

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6 conseils pour observer des aurores boréales

1. Pour observer des aurores boréales, il faut que le ciel soit dégagé. Mais ce n’est pas tout. Une nuit clair ne suffit pas. Il faut que l’activité solaire soit aussi présente. L’application Aurora Iceland est une bonne aide pour savoir quelles sont les chances de voir une aurore boréale. Attention, l’application peut vous montrer 5 étoiles sur 5, mais si le ciel est nuageux vous ne verrez rien. La meilleure solution est de combiner l’application avec le site de météo islandais en utilisant la fonction qui montre où se trouvent les nuages et où le ciel est clair.

2. Pour photographier une aurore boréale, il vous faut impérativement un trépied. Il vous faut également un appareil photo que vous pouvez régler manuellement avec les conseils suivant:

  • Commencez par désactiver l’autofocus. Il faut mettre le bouton qui se trouve sur l’objectif sur MF et régler l’objectif sur le signe infini.
  • L’ouverture (le F dans les réglages) doit être le plus bas possible. Il faut le mettre au minimum. Pour mon appareil photo, j’étais à F 2.8.
  • Un autre paramètre à prendre en compte: les ISO. Le mieux c’est de tester sur le moment, entre 800 et 3200. À savoir que plus les ISO sont hauts plus vous aurez du « bruit » c’est-à-dire des grains et les photos ne seront pas totalement nettes (c’est un peu l’erreur que j’ai faite). L’idée est d’avoir les ISO le plus bas possible en s’aidant des autres réglages.
  • Pour capturer ces magnifiques lumières il faut un temps de pause long, entre 25 et 30 secondes. Plus le temps de pause est long, plus de lumière va entrer.

Je m’étais un peu renseignée sur internet avant le départ, j’ai du faire quelques réglages sur place pour avoir un meilleur résultat. Ce n’est pas encore des photos dignes d’un professionnel, mais je suis déjà contente d’avoir réussi à les capturer, surtout pour une première en photographie de nuit! J’espère que ces petits conseils vous seront aussi utiles 

3. Le top du top quand on veut observer les aurores, c’est de s’éloigner de toutes sources lumineuses pour voir les lumières au mieux. Si les aurores sont très intenses, elles seront quand même visibles en ville.

4. Pensez à bien vous équiper. Les nuits islandaises sont froides. Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai trouvé que la nuit où nous avons vu des aurores boréales était plus froide que les autres. Sous-vêtements thermiques, thermos de thé, petites chaufferettes, ne lésinez pas sur les moyens pour pouvoir passer le plus de temps possible à observer ce phénomène incroyable.

5. De la patience! Il vous en faudra. Les aurores boréales ça se méritent. Il vous faudra peut-être attendre plusieurs soirs dans le froid pour avoir l’espoir d’en apercevoir. N’hésitez pas à demander au personnel de votre auberge de vous réveiller en cas d’activité dans le ciel (beaucoup propose ce service).

6. La meilleure période pour observer une aurore boréale, c’est en plein hiver. Il vaut mieux se rendre en Islande entre janvier et mi-mars.

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